Une famille d’esclaves dans le sud des États-Unis : seconde moitié du XIXe siècle.

Pour rythmer leur travail pénible et difficile, les esclaves noirs pratiquaient les worksongs (chants de travail). Il s’agit de chants simples sans accompagnement et basés sur des phrases criées, déclamées, signe du désespoir des travailleurs.

Chaque dimanche, les maîtres autorisaient leurs esclaves à assister au culte. C’est à l’église que ce peuple asservi a assimilé la culture religieuse. Ainsi, les worksongs qu’ils pratiquaient évoluent progressivement vers un style religieux basé sur les textes de l’Ancien Testament : le Negro-spiritual est né. L’accompagnement instrumental prend forme peu à peu. Dans un premier temps, il s’agit d’outils d’esclaves (haches, marteaux, pioches…). Les Negro-spirituals sont avant tout des chants mélangeant traditions africaines et mélodies liturgiques européennes. Après la guerre de Sécession (1861-1865), l’esclavage se transforme en ségrégation raciale bien que les esclaves soient affranchis. Le Negro-spiritual va alors s’occidentaliser et laisser place au Gospel.

Le mot Gospel vient du mot God (Dieu) et Spell (Parole).
Depuis les années 1870, les instruments sont de plus en plus présents durant les cérémonies noir-américaines : orgue, harmonium, instruments à cordes, claquements des mains et mouvements du corps. Le début du XXe siècle est alors une véritable effervescence artistique pour les populations noires.